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NKOTR 2018 : A vos votes !

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NKOTR 2018 : A vos votes !

En ce début d’année, on espère que les festivités ont été bonnes et que 2018 vous apportera son lot de générosité, de musique et de curiosité. Chouette nouvelle pour entamer l’année, New Kids on the Rocks arrive à grands pas, et vous avez l’opportunité de choisir les 4 groupes qui joueront sur la scène du Réservoir le lundi 15 janvier prochain.

Voici, par ordre alphabétique, la liste des 11 groupes pré-sélectionnés au tremplin New Kids on the Rocks organisé par Polyphony (ESCP), l’Assrock (HEC), et le Shamrock (ESSEC) :

Pour voter pour vos quatre groupes préférés, c’est par ici 4 choix par votant, 4 groupes finalistes (ATTENTION, le vote est réservé aux étudiants des trois écoles organisatrices) et c’est jusqu’au DIMANCHE 7 JANVIER 18h. 

Le Prince


Le stock

 

Oybek

 

P a l e b l u e d o t 

PIP

 

PRIMITIVE

 

Spin H

SpringWater

 

 

Stone Plastique

 

Sugar Pills

 

The Playdolls

 En espérant vous croiser le 15 janvier, on a hâte !

Le Shamrock (ESSEC), l’Assrock (HEC) et Polyphony (ESCP)

Un week-end aux Eurockéennes

Eurockéennes 2017
Malgré la pluie et un train manqué, je m’en suis allé en terres belfortoises pour vérifier si les Eurocks sont toujours un des meilleurs festivals français – et c’était pas mal du tout.

Les Eurockéennes et moi, c’est une grande histoire d’amour. Une histoire d’amour à deux, à trois, à quatre et même à 130 000 cette année. C’est une histoire d’amour qui dure depuis cinq ans et qui a vu défiler des jolis rendez-vous éclectiques souvent plaisants, toujours conviviaux. Et ce ne sont pas les dizaines et dizaines de personnes qui, sous une pluie battante, ont commencé une chenille géante devant Rocky reprenant Promise Land de Joe Smooth qui vous diront le contraire. Le programme de cette année, pour moi, a commencé par une jolie claque. Une claque attendue mais une claque quand même : Fishbach, jeune fille frêle à voix de roc, et son impeccable groupe, ont offert aux spectateurs arrivés tôt samedi un grand moment de musique. Aux jolies chansons de son très bon album, elle a donné, sans une fausse note, une énergie galvanisante, qui nous font dire que la chanson française va bien, merci pour elle.

Une autre grande voix a pris le relais, en la personne de Thomas Azier, berlinois des Pays-Bas dont le look rend justice à la ville. Un joli moment passé en compagnie de chansons aux refrains (parfois trop) écrits pour les stades, dans une bonne humeur engendrée par sa joie communicative. Plus insipide, HER ne nous aura pas laissé un souvenir impérissable, malgré de jolies chansons. La faute peut-être à l’immense grande scène, que n’a eu pourtant aucun mal à remplir le duc de Boulogne un peu plus tard. Bouteille de Jack à la main, qu’il a fait semblant de boire tout le concert, Booba a livré aux milliers de fans venus voir leur idole un show minimaliste, ponctués par les chants et hourras d’un public qui n’a pas démérité. En même temps, il en faut de l’amour pour tenir plus d’une heure en la compagnie de son ego et de paroles dont on a parfois du mal à saisir la subtilité. Une prestation aussi clivante que le fait de le programmer, malgré la bonne volonté des Inrocks pour nous le faire avaler – on en croirait presque qu’ils ont le même patron que les Eurocks.

Eurockéennes 2017

Compte-rendu de l’édition 2017 des Eurockéennes, rythmée par Fischbach, Arcade Fire, Solange…

Une pause boissons, une pause bouffe, une autre pause boisson, et nous voilà fin prêts pour Helena Hauff. A bien des égards, le choix de programmer la DJette était étonnant. D’une part, le festival n’est pas un habitué de la techno, préférant d’ordinaire clore avec Flume plutôt que Daniel Avery comme cette année. D’autre part, elle apparaît elle-même comme une artiste atypique dans le milieu, avec sa sélection éclectique et ses productions subtiles quoique puissantes. Ce choix est révélateur de la bonne santé et de la bonne presse de la house et de la techno en France, puisque les festivals les plus populaires aujourd’hui musclent leur programmation pour ne pas perdre la main face à leurs très populaires concurrents comme Dour ou DGTL. Le festivalier est jeune, et passé une certaine heure, le festivalier préfère être devant la caisson plutôt que de se déhancher devant ZZ Top. Une décision dans l’air du temps donc mais tout de même audacieuse, comme le choix de Honey Dijon le lendemain qui a proposé un set house sans surprise mais jouissif. Une décision plaisante et payante, car Helena Hauff, malgré les soixante petites minutes qui lui étaient consacrées, a retourné la Plage des Eurocks : un début très acide, une suite plus mentale, et un final jungle qui n’ont pas déçu les attentes. Une bonne mise en jambe pour le concert apocalyptique et plein de nostalgie de Justice, venu clore le samedi soir. Sous un nouveau torrent de pluie qui a failli faire annuler le concert, les deux français nous ont sorti une scénographie à la Daft Punk pour un concert un chouia convenu et en-deçà des deux lives précédents, mais mine de rien très plaisant. Il faut dire que dix ans après, les morceaux de Cross n’ont pas pris une ride, bien au contraire.

Place au dimanche, toujours sous la pluie. Il y a eu Rocky donc, qui n’a pas démérité et livré une performance énergique d’un doux mélange de funk/soul/house/rnb/reggae/electro – moins foutraque que ça en a l’air sur le papier. Il y a eu le concert de Cheveu et Groupe Doueh aussi, dont la musique ensoleillée a chassé les nuages et ramené la météo du désert. L’étonnant projet, malgré des soucis techniques, a fait voyager la foule grâce à un de ces métissages des genres, des sonorités, des voix et des nationalités qui font plaisir à entendre – un moment magique comme savent si bien en créer les festivals. Puis il y a eu Solange, sa soul dans tous les sens du terme, sa chevelure, son déhanché et son groupe. Face au show à l’américaine de l’artiste, mis en scène, millimétré, on ne sait pas trop si on doit rire ou pleurer. Mais là où certains tournent leur musique au ridicule, Solange a su mettre sa scénographie fascinante, minimaliste et rouge, au service de ses excellentes chansons, à tel point qu’on en oublie et de rire, et de pleurer – c’est tout juste si l’on arrive à détacher le regard de la scène.

Solange @ Eurockéennes

Juste le temps de voir Thomas Mars surfer sur la foule, avec un peu moins d’énergie qu’il y a cinq ans, quand Phoenix était au pic de sa popularité, de retrouver un peu d’énergie face à Honey Dijon, et c’est l’heure d’Arcade Fire. La clique canadienne, mené par les géniaux Régine Chassagne, sorcière majestueuse, et Win Butler, son époux à la voix chaleureuse, a transporté le public dans un autre univers. Un univers rythmé par des chansons intemporelles, qui commence par Everything Now et qui termine par Wake Up, et entre les deux, entre autres, la mer Haïti, la montagne Sprawl II et la plaine Afterlife pour aller de l’un à l’autre. Arcade Fire nous a fait passer par toutes les émotions du monde avec toujours beaucoup, beaucoup de plaisir. Terminer les Eurocks en scandant Wake Up, en chœur avec des dizaines de milliers de personnes, devant le feu d’artifice de clôture, était un très beau cadeau. Mais le vrai très beau cadeau, c’est de continuer à attirer avec une programmation éclectique, donc forcément un peu inégale mais c’est le coût du goût du risque, 130 000 personnalités différentes dans une ambiance familiale et conviviale – pari encore une fois réussi.

 

 

NKOTR 2016 : Place aux votes !

NKOTR 2016

NKOTR 2016, c’est bientôt !

Voici, par ordre alphabétique, la liste des 9 groupes pré-sélectionnés au tremplin New Kids on the Rocks (NKOTR 2016) organisé par Polyphony (ESCP), Junior Prod (HEC), et le Shamrock (ESSEC), qui aura lieu le jeudi 10 novembre 2016 au Réservoir (16 Rue de la Forge Royale, 75011 Paris).

Pour voter pour vos quatre groupes préférés, c’est par ici : 4 choix par votant, 4 groupes finalistes (ATTENTION, le vote est réservé aux étudiants des trois écoles organisatrices) et c’est jusqu’au MARDI 1ER NOVEMBRE.

Daniel Mist :

Delorean’s :

Don’t Forget the Ticket :

Entropie : 

Fuzzarelli :

Ginger :

Kamera Jr. :

Spoken Hopes :

The Begoody Experience :

Pour les plus fatigués, vous pouvez aussi voter ici.

En espérant vous revoir lors de la soirée,

Polyphony, Junior Prod & Le Shamrock

Melt! Festival 2016 : Willkommen in Deutschland

MELT! FESTIVAL

La scène musicale allemande est souvent réduite à ses extrêmes berlinois. L’extrêmement trash – Lab.oratory. – , l’extrêmement select – Berghain – , ou l’extrêmement soviétique – Fusion festival. Je parle ici d’un mélange de béton communiste avec des torses couverts de latex dans un espace temps démesuré où il est possible d’entrer dans un club le vendredi soir Read more

Fanzine – Chicago – Juin 2016

couverture fanzine

Edito :

Counting all different ideas drifting away
Past and present — they don’t matter.
Now the future’s sorted out

Phoenix, 1901

 Il revient, tel le Phoenix :

Ca y est, après 2 ans de vaines tentatives, de respos médias tombés en dépression, de promesses électorales, il est enfin là.  Car oui, c’est vrai, il y a Retropolis, les Cousc’house et autres événements faisant la promotion de la musique électronique, oui, il y a la Saint-Patrick et le tremplin New Kids on the Rocks pour satisfaire les rockeurs, mais que serait toute cette musique si tout cela n’était pas partagé ? Le Fanzine, c’est un peu le cœur du Shamrock, et nous sommes heureux de pouvoir le faire battre à nouveau.

Alors merci à Lolo, Pozet et Wald pour leurs efforts, et merci aux autres, nouveaux comme vieux, pour leurs supers articles. On espère qu’ils vont vous plaire. Cette fois-ci, on parle de Chicago, une ville pleine d’histoire, une ville qui a quand même vu en partie l’émergence du blues, du jazz et de la house, rien que ça bordel. Il y a des choses à dire. Parcourez avec plaisir les pages de ce bon magazine, c’est un ordre. Il y a des rubriques oldies but goodies, et des nouveautés. Pour une fois, on fait quelque chose pas trop à l’arrache, ça fait bizarre. Et on vous dit à très bientôt, parce qu’on ne va pas s’arrêter en si bon chemin. Bonne lecture à tous.

Bises.

Pour le lire c’est par ici  : Fanzine Juin 2016

J’y étais pour vous : le concert secret d’Odezenne 27.04.2016

Odezenne poto2

D’autres diront qu’Odezenne est une belle bande de branleurs, les Jean-Pierre Foucault du Rap français, aux associations musicales et sémantiques de mauvais goût. Eh bien non. J’étais pour vous à un des quatre concerts secrets parisiens du trio, ce mercredi 27 avril au Nouveau Casino, pour une soirée aérienne et pleine d’amour.

Ce qui est chouette dans une association musicale c’est que l’un de nous a forcément vent des bons plans musicaux et autres sauteries impromptues de la scène parisienne. C’est donc grâce à un vieux membre du Shamrock que je prends connaissance de cette série de concerts secrets en janvier, et qui dit secret, dit 300 places, dans un lieu inconnu dont l’emplacement ne sera délivré que le jour même. Le Jour J, rien. Aucune nouvelle.  Avant de crier au scandale, on m’envoie finalement une autre date, 1 mois plus tard, ce fameux 27 avril. Bon. Alix, Jacques et Mattia envoient un petit message à leur public, nous demandant de venir, ivres, prêts à aimer notre prochain, et accessoirement à Oberkampf à 19h.

Odezenne à la une

Le ton est donné, la soirée s’annonce simple et intimiste. Un peu comme Odezenne en fait. Alix, Jacques et Mattia en sont à leur troisième album : après Sans.Chantilly et O.V.N.I, ils reviennent avec Dolziger Str.2 réalisé à Berlin. Certes, on retrouve toujours leurs textes-carambolages, l’esprit d’Akhenaton, de Time Bomb ou de The Pharcyde, et leurs notes de synthé inquiétantes et merveilleuses, mais pas seulement. Dolziger Str.2 est profondément différent des deux albums précédents. Odezenne passe d’une production rap basée sur le sampling à une composition de type groupe, plus personnelle. L’essence d’Odezenne est toujours la même : faire les choses différemment. Qu’il s’agisse de leurs concerts à la demande (en rejoignant un groupe Facebook « Odezenne dans la ville x », vous décidez où aura lieu le prochain concert du groupe), de leur production complètement indépendante ou de leurs 1 000 000 de vues pour une chanson intitulée « Tu pu du cu », il faut admettre qu’ils sont surprenants. Peut-être doivent-ils cela à leurs inspirations diverses, à cet amour de la langue de Molière ou plutôt de Gainsbourg car oui, on retrouve cette précision de l’articulation, ce détachement sensible et traînant des syllabes aussi bien dans « l’Homme à la Tête de Chou » que dans « Cabriolet ». Mais je crois que ce qui fait réellement la différence, c’est cette sobriété. Oui, Odezenne est pudique et ceux qui se laissent berner par « Je veux te baiser » n’ont rien compris. Ils nous parlent de choses dures, de notre place dans le monde, de nos désillusions mais sans épanchement, sans drama. Ils ne feignent pas l’ébranlement parce qu’en fait, ça ne les ébranlent pas plus que ça. Et il y a de la beauté dans cette simplicité, beauté que l’on retrouve dans leurs clips auxquels ils accordent une attention particulière. On retiendra l’atmosphère spielbergienne de « Saxophone » et la candeur féérique de « Je veux te baiser ».

Le public présent était fébrile, presque un peu agressif. Je redoutais cette esprit groupie du « qui est le meilleur fan » d’autant plus qu’ils nous ont fait attendre jusqu’à 21h ces saligauds. On a pu découvrir Equipe de Foot, leur première partie, du rock aux tendances garages très énergique. Et puis ça a commencé. Voici cinq moments clefs du concert.

21h03. Directement, sans un mot, Mattia, Alix puis Jacques entrent sur scène et nous interprètent une chanson de leur nouvel album. Une entrée sans chichis en somme.  En toute simplicité, ils poursuivent avec « chewing gum » et dégoupillent la foule qui retrouve avec plaisir cette ballade désabusée des temps d’OVNI.

Enfin Alix et Jacques s’adressent à nous, non sans une certaine émotion « putain les gars qui sont là ce sont les billets qui sont partis en 3h ». Exagération omise, ça reflète bien le trouble du groupe et des spectateurs.

Odezenne poto

21h42. Après une demi-heure de « haine gratuite » (Jacques), Odezenne change de registre avec « Boubouche ». L’écart que l’on observe entre Chewing gum et Boubouche (et qui est remarquable sur les deux vidéos) incarne cette évolution dont je vous parlais entre les deux albums. On n’est plus dans le rap bavard mais dans l’idée, dans l’image. Ils nous parlent de boue, de bouche, d’ange et d’étrange plutôt que de nous dérouler des histoires. Plus suggestif qu’explicite, on perd peut-être l’ambition du style, mais le sens reste.

21h51. Jacques : « Vous savez, on nait, on vit on meurt ». La foule hurle. Jacques : « Et je trouve que vous le prenez plutôt bien ». Voyez plutôt par vous-même.

21h56. On atteint ici le tournant de la soirée, le moment où chaque personne du public a pris conscience du moment et des autres, sortant de son rôle de spectateur ou de fan. C’était le moment de « Je veux te baiser ». « Numéro 1 des hits de l’Etat Islamique » nous balance Jacques. C’est le moment où tu prends aussi conscience que le Bataclan est juste au bout de la rue d’Oberkampf, à 500m. Un mec chevelu moite de sueur et de bière passe son bras autour de tes épaules en hurlant « de l’amour! » et tu laisses faire parce que le moment est spécial et que finalement, oui, on est là pour l’amour de la musique, des textes et pour des moments comme ça ou une chanson de cul prend une toute autre dimension. Découvrez cette chanson d’amour.

22h.Avec « Bouche à lèvres » Odezenne signe un de ses plus beaux textes, et je ne suis pas la seule à le reconnaître d’ailleurs, la foule connaissait chaque parole.

Redonne moi l’heureuse d’avant, je peins, je peins

On oublie tout on oublie rien, je crains, je crains

Que mon reflet dans ta rétine me dédessine, me dédessine

Vivre avec un corps c’est comme vivre avec un mort

Alors je ferme les yeux quand j’dors et j’attends qu’elle dise encore

Mais qu’il est faux ce bel accord, il grince avec nos dents

Mais qu’il est fourbe ce corps à corps, il m’a pincé jusqu’au sang

Le concert s’est achevé très vite, après deux rappels complètement absurdes à base d’acid et de bûche. Un groupe de spectateurs est resté devant la scène 30 minutes après le concert, réclamant un énième retour. En partant Alix nous a crié « Restez vivants ! » et après un moment pareil, on se dit que finalement, ça s’annonce pas si compliqué.

ODEZENNE