Courte histoire du Kwaito, la house à la sud-africaine

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Le genre a émergé à Johannesburg en Afrique du Sud entre la fin des années 80 et le début des années 90, coïncidant donc au moment de la fin de l’Apartheid

Appropriation et mélange de différents styles, le kwaito c’est une jolie mayonnaise un peu inédite. La base musicale est inspirée du disco africain, du bubblegum notamment et de la house (US, UK). Les vocales qui accompagnent le morceau s’inscrivent dans la lignée du rap et du hip-hop avec ceci que les paroles empruntent à moult dialectes et patois de la région.

Tout a commencé dans les clubs de la ville à la fin des années 80 où les DJs ont commencé à remixer les tubes house du moment en essayant de leur donner une teinte un peu plus locale avec un style inspiré de la musique africaine : un BPM plus lent, des synthés par-ci par-là pour les lignes de basse, des percussions africaines…  Une autre grande source d’inspiration a été le style bubblegum, un genre de disco qui s’est pas mal développé dans les années 80, porté par des artistes comme Chicco Twala. Déjà à l’époque, le bubblegum faisait un savant mélange de langues entre l’anglais et d’autres dialectes et parlait de la vie dans les ghettos.

Le style kwaito a très vite été approprié dans les townships (les quartiers défavorisés) et porté par les populations jeunes, ceci d’autant plus qu’à cette époque, la moitié des habitants d’Afrique du Sud était âgée de moins de 21 ans. L’apartheid donne alors de nouvelles possibilités d’expressions à la jeunesse et ils vont le faire en premier lieu dans la musique. Le Kwaito, dérivé de « kwaai » qui veut dire « chaud » ou « en colère » dans l’argot local, parle avant tout de la vie dans les townships. Plus qu’un genre musical, le kwaito est devenu une véritable façon de s’affirmer, un état d’esprit, un mode de vie et a même développé un pas de danse attitré.

Boom Shaka forme le premier groupe de kwaito à passer à la radio, ils vendaient leurs cassettes depuis leur voiture et déambulaient dans les rues en mettant le son à fond. En 1996, le groupe TZKee sort « Take it eezy » et connaît un franc succès. Deux ans plus tard, le même groupe sera choisi pour écrire un morceau pour l’équipe nationale de foot, « Shibobo ».

Le kwaito n’a eu de cesse de se répandre, de voir de nouveaux artistes à sa tête… Kamazu, Arthur, O’Da Meesta, Skeem pour n’en citer que quelques uns !

Il est aujourd’hui remis au goût du jour pour notre plus grand plaisir dans certains disquaires et par certains collectifs de DJs à l’instar de Mercredi Records.

 

Assez parlé, à vous d’écouter !